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Pendant deux semaines, ex-rebelles, partis politiques, syndicats, représentants de la société civile ont essayé de tourner la page des évènements tragiques qui ont déstabilisé le pays pendant des années. Le « patron » de la rébellion du FDPC, Abdoulaye Miskine, qui sévit dans le nord du pays et vit en exil à Tripoli, était ce vendredi de la partie. Ce Dialogue polique inclusif, selon sa dénomination, semble bien avoir été un succès, mais certaines recommandations laissent dubitative une population qui « demande à voir ».
Les délégués au Dialogue politique inclusif s’accordent à dire que ce forum de paix et de réconciliation est un réel succès ; d’abord, parce qu’il a réuni toutes les parties impliquées dans la crise centrafricaine.
Ensuite, le Dialogue politique inclusif a permis l’adoption de certaines recommandations qui auront une emprise réelle sur l’évolution de la situation politique en Centrafrique ; notamment la formation d’un gouvernement réunissant toutes les parties présentes au Dialogue politique inclusif et la création d’une commission Vérité et Réconciliation pour un pardon définitif.
Mais si le Dialogue est un succès pour les organisateurs et les participants, la population qui a suivi les débats avec un engouement sans précédent, reste dubitative. Certainement à cause du manque de respect des engagements pris qui caractérise les politiques objet d’une crise de confiance entre elle et ceux-ci.
Le Dialogue politique inclusif - forum qui a rassemblé pendant dix jours le pouvoir, l’opposition, les rébellions et la société civile pour sortir la République centrafricaine (RCA) de la crise – doit adopter ce samedi un projet de mise en place d'une Commission vérité et réconciliation, sur le modèle de l’Afrique du Sud, pour tenter d'oublier les heures noires qui ont endeuillé le pays depuis plusieurs années. Le document final des travaux devrait ouvrir la voie à la formation d'un gouvernement d'ouverture à Bangui. L'ancien président burundais Pierre Buyoya qui dirigeait les travaux a annoncé la conclusion d'un accord sur ce point. Pendant dix jours, on a parlé de tout, ou presque, de politique, de gouvernance, mais aussi des questions sécuritaires, du développement socio-économique ou encore des différents groupes armés. Les près de deux cents participants au Dialogue ont voulu s’écouter, se parler et, surtout, tenter de se réconcilier. Se pardonner aussi.
De l’avis du major Pierre Buyoya, président du forum du Dialogue politique inclusif, « le dialogue organisé en République centrafricaine est historique, parce qu’il est rare en Afrique que le pouvoir, les opposants politiques ou armés se rencontrent dans leur pays pour aplanir leurs divergences ». De son côté, le chef rebelle Abakar Sabone, président du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), s’est déclaré lui aussi satisfait du Dialogue politique inclusif soulignant qu’il n’est « pas pressé » de repartir en exil.
Avec une population de 4,5 millions d’habitants, la République centrafricaine, riche en gisements de diamants et d’uranium, est l’un des pays les plus pauvres du monde. 67% de la population centrafricaine vit au-dessous du seuil de pauvreté. Indépendante de la France depuis 1960, l’histoire de la RCA a été marquée par une série de coups d’Etat et de révoltes. Le Dialogue politique inclusif a compté avec la participation des chefs des principaux mouvements rebelles et de plusieurs politiciens connus, dont l’ancien président Ange-Félix Patassé qui avait été renversé en 2003, lors d’un coup d’Etat dirigé par l’actuel président, François Bozizé.
Source : RFI - Par l'envoyé spécial à Bangui, Christian Panika |