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En politique, Sassou aime les femmes... mais subalternes Suggérer par mail
27-01-2010

Elles ont battu campagne. À leur manière. Elles chantaient, dansaient. Elles portaient des pagnes à l'effigie du candidat Denis Sassou Nguesso. Elles pleuraient de joie à l'apparition de leur champion.

Elles sont intelligentes : elles ont fait de longues études. D'aucuns pensaient qu'elles occuperaient (enfin) des postes importants. Il n'en est rien ! Dans le nouveau gouvernement (pléthorique, comme toujours), les cinq femmes ne sont assises que sur des strapontins. Comme toujours. Et elles semblent s'y plaire. Comme toujours.

Ni madame Mougany, ni madame Raoul ne manifestent la moindre frustration. Comble de l'hypocrisie, le gouvernement congolais compte un ministère de la promotion de la femme. Et madame Leckomba Loumeto en est émerveillée. Triste attitude ! Mais elle bénéficie d'une circonstance atténuante : elle est à l'image de la classe politique, friande de protocoles, d'huissiers et de gardes du corps... Les claquements de portière dégagent une musique langoureuse. Ou le son d'une brise courant d'arbre en arbre. Et les hommes politiques congolais sont allergiques à cette poésie.

Si les femmes politiques congolaises avaient été de fortes personnalités, comme elles le laissaient présager durant la campagne, elles auraient crié au scandale. Du moins boycotté ce gouvernement. Et pour cause : pas de femmes-ministres d'Etat ; pas de fonctions régaliennes pour elles. Jeanne Dambendzet, une femme qui allie intelligence, charme et liberté de ton, aurait sans doute donné à ce gouvernement du tonus, si elle avait été nommée ministre des Affaires étrangères, de la Justice ou de l'Intérieur. Hélas, elle se trouve désormais sur une voix de garage, alors que dans le gouvernement précédent, c'était la femme la plus visible. Trop libre peut-être!

À l'Assemblée nationale, les femmes se comptent sur les doigts d'une main. Le Rwanda, le Burkina-Faso sont loin devant le Congo.

Trêve de plaisanterie : les Simone de Beauvoir, Wangari Maathai, Ellen Johnson congolaises devront naître. À défaut, les ministres actuelles devront relire ou (re)découvrir Diotima, dans Le Banquet.

Bedel Baouna

Texte paru dans le Gri Gri international

 

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