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29-01-2010

Un jour triste pour le Congo 

Par Bedel Baouna

Le congo a accédé au point d'achèvement. Sa dette extérieure a été réduite. Pour quelles perspectives d'avenir?

"Le bout du tunnel", se pâment Les Dépêches de Brazzaville. Mercredi 27 janvier, le FMI et la Banque mondiale ont félicité les autorités congolaises d'avoir atteint les objectifs qui leur étaient assignés dans le cadre de l'initiative pour les pays pauvres très endettés. Les deux institutions de Washington "ont réduit la dette extérieure du Congo-Brazzaville de 1,9 milliard de dollars". Cette dernière phrase est claire ; toute analyse grammaticale serait inutile. L'emploi du participe passé "reduit" montre bien que la dette n'est pas totalement effacée. D'ailleurs, à combien s'élève-t-elle?

A cinq, six, sept milliards de dollars? Ou plus? Sans doute Washington a-t-elle adopté cette sémantique pour ne pas faire plonger les autorités congolaises dans un ruisseau de soulagement! C'est en cela que c'est un jour triste pour le Congo. Rien n'exclut de nouvelles dettes ; rien n'exclut un nouveau processus du "point d'achèvement". Chacun sait les limites du pouvoir de Brazzaville en matière de gestion économique et de bonne gouvernance. Sauf peut-être Les Dépêches de Brazzaville... 

Le Congo, un pays aux ressources naturelles considérables, à la végétation luxuriante, avait tout pour réussir. Il n'en est rien ! La réduction de la dette congolaise est un bol d'air ; il doit donc pousser les autorités congolaises à plus de retenue, voire à une remise en question de leur façon de gouverner. Définir les perspectives d'avenir devrait être la tâche des jours, des mois à venir. 

Hélas, il n'est pas certain que les hommes et les femmes politiques congolais se livrent à cet exercice. Les rapaces sont aux aguets, attendant les éventuelles économies dues à la réduction de la dette extérieure. Ni la Commission de lutte contre la corruption ni la Cour des comptes ne peuvent retenir l'appétit de ces falconiformes. Le geste de Washington, donc, n'est pas un adieu,ou un au-revoir, à la misère du Congo-Brazzaville, contrairement à ce qu'en pensent Les Dépêches de Brazzaville. 

"Comparaison n'est pas raison", dit-on. Soit! Mais André Breton, lui, n'éprouvait "de plaisir intellectuel que sur le plan analogique". Comparé au Botswana, le Congo fait pâle figure. En fait, Congo-Brazzaville veut dire contradictions éhontées. Et pour cause : la croissance économique du Botswana tourne autour de 2 à 4 pour cent, tandis que celle du Congo oscille entre 5 et 6 pour cent. Du moins, c'est ce qu'a dit Rodolphe Adada, à Lyon. Or la dette du Botswana n'est pas aussi pharaonique que l'est celle du Congo. Terrible incompréhension!

 

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