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Il y a un an mourrait Bruno Ossébi
Ce 2 février 2010 correspond, jour pour jour, au premier anniversaire de la mort de Bruno Ossébi. Il succombait à ses blessures. Suicide, accident, crime? Quoiqu'il en soit, les journalistes congolais devraient observer une minute de silence en mémoire de ce garçon hors des clans et du système.
Par la Rédaction
Promethée : "Le supplice est mon élément comme la haine est le tien ; déchire mon corps, peu m'importe" ; "Oui, fais tout le mal que tu peux, ô tout puissant", aurait pu balbutier Bruno Ossébi, à l'adresse de son bourreau, s'il avait survécu à ses blessures. Mais le destin en a décidé autrement. Bruno Ossébi a rejoint les limbes, victime d'un incendie. Deux semaines plus tôt, il avait révélé un prêt gagé entre le Congo et une banque française. Y-a-t-il eu un lien de cause à effet entre son papier et sa perte? D'aucuns répondent par l'affirmative. Et, tôt ou tard, l'histoire rendra son jugement, car elle ne ment pas.
Longtemps, les journalistes courageux et hors des clans marcheront derrière Bruno Ossébi, sans le moindre soupçon d'être faits d'une matière moins durable que le temps. Ses écrits, de véritables extases journalistiques, demeureront à jamais d'actualité. C'était un grand monsieur ; un style. Un ton accessible. Sans fioritures, il savait dénoncer toute injustice visible. Bruno Ossébi répugnait au mensonge, à l'aveuglement. Il était pour ainsi dire un modèle de courage et de puissance journalistiques.
Ce 2 février, donc, devrait être un jour de deuil pour tous les journalistes congolais, y compris les inféodés, où qu'ils soient. La disparition bruatale de Bruno Ossébi est un rappel au danger de leur métier : ils ne sont pas à l'abri d'un drame. Oui, exercer le métier de l'écrit journalistique comporte d'énormes risques, surtout dans un pays où le climat, l'amour, le sentiment, la parole, la politique, etc, sont violents. |