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Marcel Guitoukoulou et Koffi Yamgnane, deux récalés aux présidentielles
Il n'est pas bon d'avoir une double nationalité, de vivre en France et d'être candidat à l'élection présidentielle d'un pays africain. Marcel Guitoukoulou, président du Congrès du peuple, l'avait appris à ses depens, en juillet 2009 : sa candidature avait été invalidée par le Conseil Constitutionnel pour "défaut de résidence au Congo-Brazzaville". Et, aujourd'hui, c'est au tour de Koffi Yamgnane d'être disqualifié par la Cour constitutionnelle togolaise, à l'élection présidentielle du 28 février prochain. Un coup dur pour celui qui voulait "apporter sa quote-part dans le redressement économique et social du Togo".
Une décision « purement politique », a-t-il estimé à l'AFP. Tout au plus une manoeuvre qui a pour but "d'écarter le candidat le plus dangereux pour le Rassemblement du peuple togolais (RTP, au pouvoir)", a-t-il ajouté. Koffi Yamgnane est malheureux du malheur des Togolais car, pense-t-il, Faure Gnassimbé Eyadéma demeurera éternellement au pouvoir. Le motif de cette disqualification? Avoir fourni deux dates de naissance différentes. Sur sa pièce d'identité française, il est né le 11 octobre 1945, alors que sur sa carte d'identité togolaise il a vu le jour le 31 décembre de la même année. Une très belle confusion. C'est sans doute pour cette raison que le candidat malheureux ne conteste pas la décision de la Cour. « Les arrêts de la Cour ne souffrent d'aucun recours. Donc il ne reste qu’à mobiliser la rue », a-t-il indiqué lundi sur la chaîne de télévision France 24.
La déconnexion, une faute impardonnable
Au-delà des magouilles ou des décisions des Cours constitutionnelles africaines, ce serait trop facile de vivre en Europe puis d'aller prendre le pouvoir dans son pays natal, sous prétexte que la démocratie permet à chacun de s'exprimer. Non, une candidature à la magistrature suprême n'est pas une banalité. Elle ne s'improvise pas. Etre président d'un Etat, aussi misérable soit-il sur tous les plans, est un accomplissement personnel. C'est donc un long processus qui nécessite un long contact avec les réalités nationales. Il ne suffit pas d'être notable en Europe, intellectuel ou célèbre, pour apparaître tel un messie en Afrique.
Tous les Africains qui vivent à l'Etranger et qui aspirent aux plus hautes fonctions dans leur pays d'origine devraient y réfléchir. On ne se moque pas à ce point des souffrances des populations. L'histoire enseigne que ceux qui ont quitté leur pays, depuis longtemps, et qui y sont retournés pour assumer des responsabilités politiques, ont failli. Le cas Lissouba, au Congo, est la preuve probante que la déconnexion est une faille indéniable.
Certes les conditions de retour ne sont toujours pas maximales! Surtout sur le plan de leur sécurité. Les dictateurs au pouvoir n'aiment pas être dérangés par un revenant. Mais c'est en marchant sur le sable qu'on sent sa chaleur. La neige n'a pas le même effet sur le corps que la chaleur. En vérité, il s'agit d'un problème de courage. Les doubles nationalités en manquent-ils?
Bedel Baouna |