|
En août 1963 à Pointe Noire, une génération des Cabindais s’était prononcée pour l’unité politique en créant le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda afin de promouvoir les aspirations de la population Cabindaise. Il s’est agit pour cette génération de s’inscrire dans un contexte historique africain de l’époque où soufflait le vent de la Balkanisation de l’Afrique avec l’érection tous azimuts des micro-états par le jeu des manipulations et des injonctions coloniales. Avec le recul de l’histoire et la meilleure compréhension des enjeux géostratégiques dont on dispose aujourd’hui, il est évident que la balkanisation de l’Afrique constitue une source de dislocation et dispersion humaines, d’affaiblissement politique et de tensions permanentes entre les peuples frères d’Afrique qui descendent d’une même matrice historique.
Cette constatation, qui relève d’un vaste élan de prise de conscience d’une nouvelle génération d’Africains, fait vibrer bon nombre d’entre nous et commande à une nouvelle lecture des contradictions et des maux qui persistent au sein de la famille africaine en freinant l’expression de l’entente et de la solidarité africaine. On sait bien que la roue de l’histoire mondiale tourne inexorablement. L’Afrique et ses gens qui la composent, étant partie intégrante de celle-ci, sont tout aussi dynamiques et capables d’analyse et de repositionnement pour faire avancer les choses. Le continent Africain a assez souffert de multiples divisions artificielles et volontairement entretenues par certains intérêts, tant étrangers que locaux, qui ont pris la largesse d’attiser et de souffler machiavéliquement sur des braises qu’ils ont habilement installés au cœur des rapports fraternels entre africains dans le seul but de saboter, boycotter ou faire plier ceux qui leur résistent.
Le 01 mai 2008, le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda a fait le choix irréversible de promouvoir la non-violence en prônant le dialogue et le rapprochement avec les autorités Angolaises. Cette démarche, à la fois symbolique et d’intense expression politique, a été menée pour décomplexer et fluidifier les rapports entre peuples africains, base indispensable et sereine pour une discussion politique de qualité dans le règlement qui concerne avant tout des peuples Africains issus d’un même bassin historico-géographique. C’est dire que les enjeux de la pacification du Cabinda est d’abord et avant tout une affaire qui touche les concernés et sollicite au plus haut point leur mobilisation.
N’en déplaise aux chantres de la violence gratuite et du chaos projetés à partir des officines occultes, relayés sur le terrain par certains africains aux analyses fermées, d’instinct tribal et colonial, et sans discernement aucun, le Cabinda est dans l’orbite de la paix, une paix africaine, réelle et effective.
Même si l’attaque du 08 janvier 2010 du bus des joueurs Togolais dans la province du Cabinda, nous a rappelé que rien de notre désir de paix n’est gagné d’avance, il s’agit pour nous autres de revendiquer la paix comme unique et seul facteur capable de contrer les projets lugubres et les complots dont souffre l’Afrique. Ce drame malheureux nous a encore rappelé que l’infaillible désir de paix exprimé et assumé contrarie affolement les pulsions guerrières et meurtrières de tous ceux qui n’ont encore rien compris des leçons de l’histoire africaine.
La guerre, en tout cas celle qui profite et ne sert que les intérêts des lobbies étrangers et leurs complices Africains, les Africains du 21è siècle que nous sommes n’en veulent plus !
Depuis ce macabre événement qui va longtemps ternir l’image des Cabindais, les dirigeants du Flec font l’objet de toutes sortes d’intimidations et autres pressions rétrogrades y compris des menaces de mort. Au fond, pourquoi toutes ces menaces sur des gens qui n’ont opté que pour un seul projet politique : œuvrer pour la pacification du Cabinda et contribuer à la stabilité politique de l’Angola ? Qui a réellement peur que s’installe une paix réelle et définitive au Cabinda ? Finalement à qui profite cette sale guerre, 40 ans durant ? En tout cas si la majorité des Cabindais qui en payent le lourd tribut n’ont jamais vu la moindre couleur des retombées des combats fratricides, c’est forcément d’autres qui en bénéficient. Pour cela, nul ne pourra compter sur notre passivité ni notre neutralité sur un conflit qui s’est longtemps révéler étranger aux intérêts des Cabindais.
Visiblement, il y a une certaine nervosité du côté des fossoyeurs d’une Afrique unie, forte, pacifiée et stable. Autrement comment comprendre qu’une démarche de recherche de la paix, noble et porteuse dans toute sa finalité, fasse autant de vagues au point où tous ceux qui s’en réclament et la revendiquent deviennent des cibles à percuter ?
Le principe de base auquel les dirigeants du Flec ont éminemment souscrit consiste désormais à river le regard vers l’horizon de paix effective au Cabinda et de garder le cap en dépit des menaces d’où qu’elles viennent. Une chose dont on est sûr aujourd’hui c’est que les fossoyeurs de la paix au Cabinda qui agissent à visage masqué sont bien connus. Que l’on ne s’y trompe pas, nous connaissons nos adversaires et nos ennemis qui gesticulent dans tous les sens comme pour dire jusqu’où et à quel point ils nous en veulent d’avoir choisi la paix. Ayant pris le pas à contrario des schémas classiques qui veulent que l’on s’adonne et l’on s’abandonne tels des pions d’un jeu d’échec au service d’une stratégie, nous sommes considérer comme des éléments à abattre. Nos adversaires, nous les respecterons tant que le jeu des idées et des opinions se fait à la régulière. Nos ennemis, même ceux qui se cachent dans les abîmes de l’obscurité, nous n’hésiterons pas à les dénoncer afin que le monde entier découvre leur vraie nature et pourquoi ils nous en veulent.
A tous ceux qui doutent encore, nous affirmons et réaffirmons avec véhémence que la paix au Cabinda, notre leitmotiv, est à la fois une perspective politique et un impératif de la raison, celui de la raison politique en tout cas. Et si aujourd'hui, il y a des profiteurs par dizaines, et des malheureux par milliers de la guerre au Cabinda, demain, il y en aura des millions d'heureux une fois la paix effective sera réalisée. Rien que ça, suffit pour que l’on se dise que c’est si beau et si fort de s’investir et de mettre son énergie dans la construction d’un Cabinda enfin pacifié.
Cette paix là, va et doit aller au-delà du simple dépôt des armes. Cela passe aussi par le retour des réfugiés et de la diaspora, par des politiques volontaristes et fortes en faveur du développement humain, par la protection des plus vulnérables (faibles et des exclus), le tout dans un contexte permanent de dialogue, de concertation et de respect des diversités culturelles, historiques et géographiques.
Soyons plus que jamais vigilants face à des officines occultes qui mélangent guerre/paix. Prétextant parler de paix, elles utilisent un lexique militarisé et sont responsables de l'errance de nombreux Cabindais à l'extérieur. Toutes ces manœuvres désastreuses et destructives : la guerre, les assassinats, le mensonge, la manipulation... apparaissent pour eux comme l'état normal dans lequel nous, Cabindais, sommes tenus de rester et se satisfaire éternellement comme des simples moutons de Panurge à qui l’on ne concède qu’un seul droit, celui de mettre sa tête à la guillotine sans dire mot.
A ceux qui ne veulent pas de la paix au Cabinda, nous leur disons que l’Afrique et les Cabindais la veulent inlassablement puisqu’ils sont fatigués de sacrifier inutilement des vies humaines par une imposition mercantiles et tacticiennes.
SOURCE : FLECNOTICIAS |