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LE CONGRÈS DU PEUPLE : Appel à la communauté internationale Suggérer par mail
21-02-2010

Cicéron Massamba, Ambassadeur itinérant du Congrès du PeupleL’espace politique ne se borne pas au combat corps à corps. En réaction aux propos de Denis Sassou-Nguesso, Le Congrès du Peuple du Dr. Marcel Guitoukoulou, par la voix de Cicéron Massamba, Ambassadeur Itinérant de cette formation, invite les acteurs à plus de courtoisie dans les débats.

En politique, on se doit d’éviter des heurts autrement dit le dialogue des sourds ! Tout devra conduire à l’échange, au débat contradictoire et apaisé, dans le strict respect des uns et des autres.

Or, le discours de fin d’année du Chef de l’État, le Président Sassou-Nguesso laisse perplexe, pour tout dire déconcertant. Si, dans la forme il répond aux canons officiels de discours accrédité en la circonstance, il s’est dangereusement approché dans le fond d’une subversion et pour mieux dire de l’amalgame. Le propos illustre à merveille la surestimation du Président, le narcissisme de celui qui joue les maitres, les seigneurs zélés et qui use de la désinvolture notamment : quand il ose dire, parlant des autres (entendu ceux qui sont censés exprimer une opinion contraire) : qu’ils sont des « démagogues ». Il est regrettable que ce type de propos ou confusion de genres soit malheureusement trop courant dans les vocables officiels congolais car il pose un problème de déontologie grave. Relever cette avarie de langage, c’est alors prendre conscience de l’anomalie, de la contre-vérité et agir en conséquence avant que la salissure ne ternisse l’image des bonnes et braves âmes. Car, c’est jeter l’anathème que de jouer sur des mots. Tant il est vrai que le but recherché est de tenir l’opinion publique dans l’ivraie. Le Président ne détient pas le monopole de la vérité pas plus que les autres sont attardés. Le débat contradictoire, qu’il s’exprime par le biais de l’internet ou tout autres medias, demeure l’expression d’une pluralité d’opinions et il est un des attributs de la démocratie que noue apporte la conférence nationale souveraine. Travestir la réalité à la place publique ne saurait laisser libre cours à ce genre de déperdition. Tant il est, il n’y a aucun motif de satisfaction sur la situation du Congo sinon aucune raison pour lui d’être fier et pavaner au regard de la situation pitoyable du pays. Si des programmes de développement il y a eu, Ils n’ont apporté, au mieux, que des résultats mitigés, au pire, catastrophiques. 

Cicéron Massamba, Ambassadeur itinérant du Congrès du PeupleForce est de rappeler qu’après le vivre durement aujourd’hui (VDA), notre pays a connu plusieurs plans de développement économique et sociale sans lendemains à savoir : les plans quinquennaux, le programme d’ajustement structurel, la nouvelle espérance, la municipalité accélérée et aujourd’hui le chemin d’avenir. Et ces nombreuses initiatives n’ont apporté qu’une somme de désolations, une régression sociale, une ruine dont les indices d’évaluation sociale et humaine donnent une mesure. Sur le plan économique, c’est L’Apocalypse. Sinon comment comprendre cette dette qui fait du pays l’un des plus endetté au monde et cette pauvreté devenue légendaire. Avec près de 300.000 barils de pétrole produits par jour, le pays n’aurait nul besoin d’en arriver là. D’années en années, le pays a gagné un palier supplémentaire dans sa longue descente aux enfers. Et ce qui est stupéfiant, il n’y a jamais eu le moindre bilan dans tout cela ! Nous ne portons nullement la responsabilité des malheurs du pays pour n’avoir jamais été aux affaires pour que l’on puisse être ainsi traité. Il ya certainement des gens dans l’opposition qui ont été à leur coté. Et qui dans ce cas ont une coresponsabilité de la gestion calamiteuse du pays.

Le comble est qu’on dispose d’un fleuve à 200 mètres et que l’on continue à creuser des puits dans Brazzaville, sans parler des services sanitaires et hospitaliers qui restent une plaie, de l’érosion des salaires qui ne répondent plus au niveau de vie des citoyens. Ce type de situation devrait plutôt appeler à la modestie, à la pondération. Le désastre infrastructurel plus particulièrement dans le domaine éducatif en apporte une autre démonstration. Ces carences interdiasent aux enfants de s’enrichir des savoirs dans des bonnes conditions. Est-ce cela, le bilan qu’entend défendre le Président de la République et qui expliquerait son arrogance ?

L’humilité est la mère des vertus pour celui qui se voue au service de l’action publique et dont le rôle et les décisions influent sur le destin national. L’humilité, c’est donc la faculté de ne pas céder au mirage du pouvoir qui consiste à cultiver le culte de sa personnalité, à se laisser impressionner par le prestige de la fonction, des titres et à cultiver l’ironie face aux plus faibles. La posture politique par excellence du bon leader, c’est celle de la prise de distance par rapport au nombrilisme, celle de ne voir les choses que par soi même. Resistance et obéissance : voila les deux vertus du citoyen d’aujourd’hui. Par l’obéissance, le citoyen acceptera l’ordre, par résistance, il assurera sa liberté. Et cette dernière ne saurait être prise pour de la démagogie. Une attention permanente, au contraire, portée à l’éveil de l’esprit critique est le signe d’une maturité d’un peuple ; de même qu’il faut affirmer : la démocratie ne se construit pas dans l’acclamation ni dans la soumission. Obéir en résistant, c’est tout l’alphabet de la démocratie et le Président ne peut prendre pour moins que rien toutes critiques qui fusent sur le fonctionnement des institutions quand bien même, elles ne sont toujours « alléchantes ». Ces critiques sont plutôt un antidote aux dérives totalitaires. Elles participent au renouvellement de la pensée, partant de l’action politique.

La satisfaction d’être pauvre !

Si tout allait mieux dans le meilleur des mondes au Congo-Brazzaville, pourquoi serions alors relégués au rang des pays pauvres très endettés (PPTE) ? C’est parce que les choses vont très mal qu’on en est réduit à l’aumône. Et à qui la faute ? Aux gouvernants, bien entendu ! Or, il semble que l’éligibilité au PPTE soit vécue au Congo comme une euphorie. À en croire même le Président, parlant devant un parterre de ses partisans, ce mercredi 11 février 2010 à Télé-Congo : le Congo, notre pays, aurait une bonne image devant la communauté internationale. Sassou faisait allusiion à cette éligibilité. Le PPTE serait, en sorte, une forme de reconnaissance des vertus dirigeantes de la classe dirigeante congolaise. Comme si être admis au PPTE serait un honneur ! Alors que le PPTE traduit plutôt les échelons d’une pauvreté. Or notre pays par rapport à son potentiel économique devrait aspirer à un développement économique et social de son rang, qui repose sur des réels fondamentaux. A tout considérer, le Congo n’a pas plus de motifs d’une éligibilité au PPTE que certains pays naturellement pauvres du continent comme le Burkina-Faso, le Malawi et autres. On comprend que les raisons qui ont motivé cette éligibilité du Congo au PPTE sont plus politiques qu’on ne le dit.

Les racines de la dette

Mais le débat n’est pas à ce niveau ; le vin est tiré, il faut le boire. On ne devra pas, pour autant, cracher dans la soupe. Ce qui semble par ailleurs dommageable, c’est qu’on veuille circonscrire l’incendie sans analyser les causes : car la question demeure quant à l’origine de la dette ? Pourquoi une si grande dette pour un petit pays ! Or ce sont les comportements prédateurs des nombreux groupes d’intérêts plus particulièrement de la classe politique rivée sur ses acquis qui ont sinistré à ce point le pays. Ce n’est donc pas un nouveau crédit ou un allégement de la dette qui améliorera les moeurs et les pratiques politiques. Loin s’en faut.

Le PPTE n’est qu’une valeur d’ajustement, pour tout dire. Pour avoir la moindre chance de succès, l’effort de reconstruction devra largement dépasser les modèles habituels. Le Congo a besoin d’une bonne gouvernance. On ne peut exclure le pire. La faiblesse des institutions congolaises constitue le coeur du problème lequel se lit dans l’absence de vertus des dirigeants. Le manque de rigueur et les défauts institutionnels dans la gouvernance demeurent endémiques. Or, après des longues années de sacrifice, il va falloir éloigner ce type de gouvernance à grands pas dans le vide, car le pays n’a pas intérêt à institutionnaliser la pauvreté. La remise de la dette quelle qu’en soit la nature donne ainsi au pays l’occasion de reprendre en mains son destin, pourvu que l’on y mette du sien.

La solution au problème congolais réside donc pas dans l’exclusion, mais dans ce que toutes les bonnes volontés se retrouvent comme cela s’est fait en Afghanistan avec le président KARZAI qui en appelle à la frange modérée des talibans : montrant par là, la voie de la sagesse. La communauté internationale a le poids et l’autorité nécessaires, pour faire de même en appuyant l’initiative et une telle position au Congo-Brazzaville.

Paris, le 13 février 2010 Le congrès du peuple Pour le Dr Marcel GUITOUKOULOU, Cicéron MASSAMBA, Ambassadeur itinérant.

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