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Franck Kando, un artiste de la coiffure Suggérer par mail
22-02-2010

Franck KandoSamedi 20 février,17h. C'est un salon de coiffure d'une coquetterie insoupçonnée, en amont de la rue Vicq d'Azir, tout près du métro Colonel Fabien, dans le dixième arrondissement de Paris. La façade est peinte en vert, couleur de Vénus et symbole du renouveau. Ou de la pérennité du printemps. A l'intérieur, aucune chaise vacante. Il y a là des hommes, des femmes et des enfants. Dany, originaire du Congo-Kinshasa, attend son tour depuis deux heures et, selon le coiffeur, il ne pourrait pas le prendre avant 18h - deux personnes sont arrivées avant lui. C'est que tout ce monde veut se faire couper les cheveux par Franck Kando, uniquement.

La voix véloutée, taille moyenne, Franck Kando ne panique pas devant cet afflux. Il y est habitué. En est content. Il a fait sienne cette phrase de Michèle Bernier : "La beauté intérieure c'est important mais, en boîte de nuit, si t'as pas la beauté extérieure, tu bois tout seul." Franck Kando l'as compris, alors par ses mains de fée, il tente de chasser cette éventuelle solitude. Quiconque sort de son salon est émerveillé par sa coupe de cheveux. Nul besoin de se mirer. "Quand je viens chez Franck, je n'ai pas besoin de me mirer dans la glace pour savoir si ma coupe est réussie ou pas", se pâme Dany. Toutefois, Franck Kando ne prétend pas détenir, à lui seul, le monopole d'illuminer les visages. D'autres coiffeurs chévronnés existent, et il en connaît. En grand nombre. Mieux encore, en homme très spirituel, il réconnaît que la beauté, la vraie, réside dans le bien-être...

Franck Kando a fidélisé sa clientèle par son art. Une clientèle hétéroclite. Et, durant les vacances, certains de ses clients trépignent d'impatience. Ils ne confient pas leur tête à n'importe qui. "Le mois d'août est le pire moment que je passe : je suis obligé de conserver mes cheveux", dit Freddy, un autre client de Franck. L'intéréssé, lui, reste indifférent à toutes ces louanges. Et pour cause : l'humilité est sa botte secrète. Et quand on lui demande ce qu'il pense de ce succès, d'un sourire débonnaire il répond par une seule phrase : "La réconnaissance du travail bien fait." En vérité, Franck Kando a un penchant pour l'art ; et, à ses yeux, s'impliquer davantage dans son travail est un art. Il répète à l'envi que dans la vie, le plus important n'est pas d'être journaliste, médecin, avocat..., mais d'éprouver une sensation de bien-être dans le chemin que l'on a choisi. Un coiffeur qui s'extasie sur son travail est plus heureux qu'un président de la République aux promesses non tenues...

Depuis vingt-cinq ans qu'il exerce ce métier en France, jamais sa popularité auprès de sa clientèle n'a faibli. Originaire du Congo-Kinshasa, c'est un homme mêlé : une part de ses racines surgissent de l'Angola. Mais, il ne se considère pas comme un Français, un Angolais ou un Congolais, il fait partie de l'humanité. Tout simplement.
Après avoir travaillé dans deux salons du boulevard de Strasbourg, dans les années 1980-1990, il a quitté le dixième pour le dix-huitième. Puis, en 2008, il est retourné dans le dixième, où il a ouvert son propre salon. Une entreprise qui marche. Aussi sa tête bouillonne-t-elle de projets. L'ouverture d'un complexe (beauté, coiffure, manucure, etc) à Paris et en Afrique (Kinshasa, Luanda, Brazzaville) demeure un objectif majeur à long terme. Aucun doute, il y parviendra. Son slogan : petit à petit, l'oiseau fait son nid.

Bedel Baouna

 

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