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C'est accompagné de son épouse que le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a assisté lundi 22 mars à Windhoek, aux 20 ans d'indépendance de la Namibie, ainsi qu'à la prestation de serment du président Hifikepunyé POHAMBA, pour son second mandat. Le président congolais arborait un large sourire, et pour cause, son hôte namibien l'a décoré pour ses efforts passés dans la lutte contre l'apartheid et pour l'indépendance de la Namibie. "Denis Sassou Nguesso est un grand ami de la Namibie", a déclaré le président namibien, avant de lui attribuer la médaille de mérite - "The most ancien order of welwischia mirabilis, first class".
Aussi, dans son interview à la rudimentaire Télécongo, Denis Sassou Nguesso a rappellé son implication et celle du Congo, dans ce combat. "C'est tout le peuple, l'Etat, le parti, qui avaient participé au combat contre l'apartheid", a-t-il dit. C'est dans l'avion qui l'emmenait à Washington, écrit-t-il dans le Parler vrai pour l'Afrique, qu'il apprit la libération de Nelson Mandela... C'était un grand alléluia pour le monde entier, du moins pour ceux qui avaient oeuvré pour la libération du leader de l'ANC.
Vingt ans après, le président congolais n'est toujours pas prophète chez lui. Mais, d'ores et déjà, il peut savourer la réconnaissance du peuple namibien. L'image a d'autant fait le tour du monde que plusieurs présidents n'ont pas eu cet honneur. Cela, Denis Sassou Nguesso l'a compris : il rayonnait, même devant le journaliste qui l'interviewait.
Le revers de la médaille
Durant ce court entretien, Denis Sassou Nguesso a dégagé l'impression d'être en pleine forme. Jamais il ne s'est départi de son sourire. Comme tout homme avide de réconnaissance, la décoration y a été pour beaucoup dans son entrain. Mais la réconnaissance namibienne perd de son sens chez les Congolais, trop souffrants. Qu'a-t-il fait pour son propre peuple ? C'est la question qu'il devrait se poser. Car, s'il avait usé de la même énergie déployée contre l'apartheid pour résorber les problèmes congolais, nul doute qu'il aurait élévé des monuments durables. A ce moment-là, il aurait exhibé sa décoration. Fièrement. Hélas! Que du gâchis au Congo, dans lequel il semble se complaire ! On dirait qu'il privilégie plus la diplomatie que le social, l'éducation ou la culture... En témoigne le merveilleux édifice qui abrite le ministère des Affaires étrangères. Basile Ikouébé, son locataire, est aux anges. Avec le Chef de l'Etat, c'est sûr, ils trépignent d'impatience de se rendre en Afrique du sud le mois prochain (information de La lettre du continent, ndlr). Jacob Zuma imitera-t-il son homologue namibien ? En tout cas, ce ne sera pas Nelson Mandela qui remettra au président congolais une médaille, vu l'épisode malheureux de la préface du Parler vrai pour l'Afrique. Qu'à cela ne tienne ! Le président du Congo pourra toujours compter sur une éventuelle photo avec le premier président noir d'Afrique du sud. Une image, comme à l'accoutumée, que Télécongo commentera continuellement dans ses journaux ennuyeux. Les voyages et la réconnaissance, quel intérêt pour le Congo ?
Florence Banzouzi |