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Comme on dit chez nous, la mort est un chemin commun à tout le monde. Elle peut frapper à tout moment et n’importe où. Mais, c’est vrai qu’il est encore plus dur de mourir loin de son pays du fait des conditions de liberté démocratique.
Mes chers frères des régions Nibolek, j’ai pris connaissance de l’hommage rendu à notre frère Moungounga sur la toile. J’ai aussi à travers tout cela, la confirmation que « le Mort est Roi », donc qu’il suffit de quitter ce monde, notre monde pour que l’on devienne « l’homme propre ». j’avoue vraiment avoir perdu la boussole parce que nous en avons fait un peu trop, tellement que Moungounga nous observant depuis sa tombe, doit être malheureux et gêné. Vraiment il doit se retourner mille fois car, si juste et propre il était selon vous, sans défaut selon vous, donc l’Exemple même, il doit alors aimer et nous demander que l’on parle modestement de sa personne car par principe, le juste est modeste et n’aime pas les éloges inutiles et vous êtes complètement dans un fanatisme ou triomphalisme qui pose problème malgré tout. Je suis surpris de nous voir toujours arrogants et inconscients à ce point !
Mes chers frères, tout homme a des principes, les respecter et les faire respecter n’est qu’une simple question de fidélité à soi-même et en particulier, la décision prise par notre frère de rester encore ici en attendant le départ de sassou a fait sursauter plus d’un. Elle a aussi gêné les éternels corrompus, les hypocrites, les taupes, les tortues dans l’opposition que nous avons tous vus fumer l’air le 24 avril à Montreuil en ce lieu de deuil et venus là pour une information à glisser à sassou de passage à Paris pour la chine.
C’est pourquoi, en ces instants encore combien difficiles où son combat est d’actualité et dans le respect de la mémoire de notre frère, il faut se garder de dire et d’écrire n’importe quoi parce que hors de nous, nos écrits et nos paroles sont des véhicules que nous ne contrôlons plus.
Rappelons-nous ! C’est de cette même manière, par la même bêtise, par la même pratique, dans cette même autosuffisance qui nous habite toujours, avec toujours tant d’arrogance, du mépris, dans la préférence ethno régionale, le « Nibolek », que nous les Niboleks et Lissouba avons rapidement et lamentablement échoué alors qu’au départ, Lissouba disposait pourtant d’un capital de confiance dans le Pays ! Aujourd’hui, nous avons besoin de reconstruire autour de nous, faisons alors de l’histoire, de notre propre histoire, de notre propre expérience, la science des choses qui ne se répète pas.
Moungounga notre frère, sauf si nous tous l’avons déjà oublié, nous a fait aussi du tort ; « Suffisant », autoritaire, il est celui qui repoussait autrui aussi d’un revers de bras comme à leur époque, nos autres frères du pool à la transition après la conférence nationale de 1991, par la formule: « C’est notre tour». Des thèses qui détruisent plus qu’elles ne rassemblent.
Le « c’est notre tour » de Moungounga, au moment où il était intouchable au sommet du pouvoir, comme celui des nos autres frères du pool à la transition, n’est pas encore oublié des congolais et je n’ai encore vu personne, pas plus que Moungounga « le juste » dans son « nguilisme » demander pardon aux Congolais des autres régions qu’il a terrorisés au nom de la région Nibolek, au sommet d’un pouvoir qu’il exerçait pourtant au nom du peuple. Alors, en quoi par ces actes-là, par ce comportement-là, cet homme mort pourtant malade et entouré de sa famille et amis à Paris est-il martyr ? Si Moungounga est martyr, alors Pascal Lissouba est-il un sacrifié ? Et par qui ?
Voyez mes frères, mes frères des pays du Nibolek, je suis personnellement touché, triste et gêné par ce triomphalisme idiot abattu par beaucoup de nos frères comme si nous mettions Moungounga en compétition avec d’autres ! Et quand bien même il aurait été l’Exemple, avons aussi et déjà oublié, que le vrai combat politique est bien celui qui se mène sur le terrain Congolais où l’on prend des coups, et où il faut aussi rendre coup sur coup au pouvoir dominant ? Réfléchissez bien et ne perdez jamais de vue cet aspect de chose car les autres nous regardent aussi.
Moungouga notre frère a sûrement crié la misère du peuple Congolais depuis son exil en France, il n’en demeure pas moins qu’il est malheureusement resté toujours le Moungounga fermé sur lui-même et qui n’a tiré aucune leçon de leur passage aux affaires avec le président Lissouba. Pourtant, en politique, toute expérience doit éclairer et guider toute nouvelle stratégie. L’homme qui ne s’arrête pas un instant pour regarder le chemin parcouru, ne peut pas voir où il va et navigue de fait à vue.
Les convictions sont une bonne chose mais elles n’ont de sens que si elles sont partagées et s’inscrivent dans une démarche cohérente.
Aussi, du point de vue de l’histoire, tout homme qui se veut leader politique à quelque endroit qu’il se trouve, se colle à la réalité sur le terrain de la lutte. Or, à « distance » de l’opposition de façon générale, nous avons tous vu, que Moungounga a été trop absent, vraiment absent et avec cette mauvaise stratégie et par cette attitude solitaire, on peut dire sans exagérer qu’il a même fait sans le vouloir, le jeu de maintien de sassou au pouvoir.
Moungounga n’avait pas de relais fiable au Congo. Il est resté isolé, replié seulement sur un petit cercle de quelques jeunes rêveurs de la diaspora qui croient comprendre la situation du Congo à travers la haine qu’ils véhiculent, la revanche qu’ils prônent, écrivant n’importe quoi. Des fameux jeunes qui n’ont jamais été confrontés au pouvoir, à la corruption, à l’argent, donc qui n’ont encore aussi rien compris de la contradiction de la contradiction.
Fermé sur lui-même parce que se voulant toujours soi-même à la tête du mouvement général contre le pouvoir de Brazzaville, sans force politique d’appuie, le combat de Moungounga était connu insignifiant, donc sans suite et le simple cas de gilbert Moulangou arrêté 3 mois à Brazzaville et abandonné aux seuls amis de la diaspora de Paris est révélateur.
Alors, que pouvait faire Moungounga notre frère sans être véritablement avec les autres forces en lutte au Congo ? Voilà pourquoi mes frères, il nous faut juste un peu de modestie et un peu d’eau dans notre vin dans la manière de rendre hommage à notre frère Moungounga, car tout excès de zèle rappelle et renvoie à notre propre figure un passé triste et une expérience qui a aussi une part de responsabilité dans les tristes et douloureux événements d’affrontements entre enfants d’un même Pays connus par notre Congo.
N’oublions donc pas que Moungounga parti, son « combat » reste d’actualité. Que d’autres frères Congolais aussi dignes et compétents continuent le même combat que lui sur le terrain pour la libération du Congo. C’est vraiment pourquoi, en mon intime conviction, le meilleur hommage que nous puissions lui rendre est de nous engager résolument et ouvertement auprès des autres forces en lutte sur le terrain Congolais pour faire plier et chasser la dictature de sassou afin que le pays redevienne véritablement une terre de paix et de liberté. Voilà ce que doit être notre combat si nous voulons dans un esprit constructif, perpétuer le sien.
Quant à la bande de rêveurs, des politiquement inconscients qui ne respirent que la tribu, qui font feu de tout bois, agitent la diaspora avec leur « tribalité » qu’ils ont d’ailleurs du mal à définir, ils ont encore beaucoup à apprendre et doivent se calmer. Dans leur logique revancharde et leur culture de la haine, ils nous enlèvent toute chance de reconstruire autour de nous. C’est un tort et c’est franchement et gravement regrettable. C’est pourquoi, ils doivent d’abord et surtout lire « la tribu classe » de Lissouba, afin de comprendre pourquoi Lissouba lui-même et la bande des quatre notamment, ont échoué et permis en 1997, à sassou de revenir aux affaires.
M’BOUNGOU
La lettre de Brazzaville -
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