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Mortalité maternelle : quel avenir pour les femmes Africaines ? Suggérer par mail
29-05-2010

Ghislaine SathoudPar Ghislaine Sathoud

Que représente la Journée internationale d’action pour la santé des femmes ? À l’occasion de ce moment de réflexion, qui a lieu chaque année le 28 mai, il est fortement recommandé d’agir pour la promotion de la santé des femmes. Mais peut-on se consacrer au bien-être de la population féminine sans inclure la santé reproductive ? Car en effet, celle-ci occupe une place majeure dans la vie des femmes. Il n’est donc pas étonnant de constater que la réduction de la mortalité maternelle est hissée au rang des priorités internationales. Les Objectifs du Millénaire pour le développement annoncés par l’ONU visent, entre autres, la prise en charge de ce volet.

En revanche, on peut se poser la question suivante : réussira-t-on à changer la donne avant 2015, l’échéance indiquée pour atteindre les buts fixés ?

En tout cas une chose et sûre : il y a loin de la coupe aux lèvres. Par exemple, un récent rapport du Partenariat pour la santé maternelle, du nouveau-né et de l’enfant (PMNCH), parrainé par l’Organisation mondiale de la santé, indique que la mortalité maternelle est encore élevée.

Savez-vous que dans certaines régions du monde des femmes risquent la mort en donnant la vie ? En effet, dans plusieurs pays en développement, dont la majorité sont situés en Afrique subsaharienne, la maternité est synonyme de mort. Selon des données probantes : 585 000 femmes meurent chaque année dans le monde de causes liées à la grossesse et à l’accouchement. Cette situation paradoxale s’explique par des causes multiformes.

Il faut d’emblée préciser que la condition des femmes africaines est des plus préoccupantes. Que font les autorités sanitaires et gouvernementales locales pour corriger ces déséquilibres ?

Lors de la Commission de l’ONU sur le statut de la Femme, qui s’est tenue du 1er au 12 Mars 2010 à New York, aux États-Unis, Amnesty International a distribué une publication intitulée Donner la vie, risquer la mort combattre la mortalité infantile au Burkina Faso.

On y découvre des réalités troublantes : « Le fort taux de mortalité maternelle au Burkina Faso indique que le droit des femmes à la santé est bafoué. Or, ce droit est inscrit dans le droit international et le droit national. Il doit être respecté, protégé et appliqué par l’État. Lorsque des femmes meurent pendant la grossesse ou l’accouchement parce que le gouvernement n’a rien fait pour éliminer les causes évitables de mortalité maternelle, le gouvernement en question viole le droit à la vie. » (1)

À en croire les statistiques effrayantes publiées régulièrement par des sources crédibles et dignes de confiance telles que le Fonds des Nations Unies pour la population et Amnesty International, pour ne citer que ces deux-là, des efforts supplémentaires doivent encore être consentis pour combattre mortalité maternelle.

Quoi qu’il en soit, les discriminations sexistes et toutes les autres formes d’inégalités sociales sont des freins au développement de l’Afrique : « Toutefois, ces politiques présentent d'importantes lacunes dans leur mise en oeuvre. Les soins de santé maternelle ne sont pas disponibles ni accessibles pour toutes les femmes. De nombreuses patientes hésitent à se rendre dans les centres de soin pour accoucher, car nombre de ces centres présentent des conditions d'hygiène déplorables, ainsi qu'un personnel insuffisant. Les équipes médicales demandent souvent de l'argent aux patientes et les traitent parfois sans aucun respect. » (2)

Au fond, cette publication ne fait que souligner une vieille évidence : la complexité, voire la fragilité de la condition féminine. Et surtout, il faut retenir qu’il ne s’agit pas d’une exclusivité burkinabéenne. Ce portrait alarmant représente les conditions de vie difficiles des Africaines dans plusieurs pays. Le drame de la maternité maternelle est malheureusement également présent à l’échelle continentale.

En conséquence, la Journée internationale d’action pour la santé des femmes est le symbole de la communauté internationale pour sauver des vies. Alors agissons ensemble pour améliorer la santé des femmes, et faisons-le maintenant car le temps presse.

Notes

(1) Donner la vie, risquer la mort combattre la mortalité infantile au Burkina Faso, p. 3.
(2) Ibid., p. 5.

 

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