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Le Dr. Marcel Guitoukoulou, Président du Congrès du Peuple, invité sur Télésud
Le passage du Dr. Marcel Guitoukoulou à Télésud a donné lieu à une levée de boucliers de quelque calviniste de la morale. On a du mal à comprendre l’ire de certains quand on sait le rôle capital qu’a joué Libreville sur l’échiquier politique africain jusqu’au décès de Bongo.
Il est en effet reproché à M. Guitoukoulou, ô crime de lèse majesté, d’être allé au Gabon ; comme si lorsqu’on est soi-même candidat aux présidentielles se rendre au Gabon, pays où a régné, pendant quarante ans, le doyen Président Omar Bernard Bongo ("sage" pour certains) faisait partie d’une exception culturelle.
Quand on sait que pendant la guerre civile de 1997, tous les protagonistes congolais se sont tous rendus auprès dudit "sage", reprocher à un candidat aux élections de 2009 ( candidature d’ailleurs invalidée) d’avoir poussé un important pion de la nébuleuse françafricaine pour multiplier ses atouts dans la bataille qui l’attendait le 12 juillet de la même année, tient de l’inquisition romaine. Ceux qui lui font ce procès d’intention font pour le moins preuve de mauvaise foi car sur 54 mn d’émission, privilégier cet aspect librevillois et rien que celui-là, semble tenir du service commandé. En tout cas c’est non seulement tenter de cacher la forêt par l’arbre, mais c’est aussi donner raison à ceux qui disent qu’on ne jette des pierres qu’à l’arbre qui porte des fruits. Car il y a fort longtemps (pour rester sur la métaphore sylvestre) que certains (comme l’actuel Chef de l’Etat congolais) ne symbolisent plus que le figuier que maudit Jésus dans la Bible : l’arbre devint sec et ne donna plus de fruits.
Médecin de campagne
En revanche, pour souvent jouer le rôle du médecin philanthrope là où d’autres jouent celui de chef de guerre, de leader homicide et fratricide (disons génocide), Marcel Guitoukoulou sera toujours la cible favorite de ceux qui redoutent la rupture systémique au Congo. Autant dire que ce médecin de campagne (au sens balzacien) a encore des jours difficiles devant lui avant, comme peut-être Barack Obama (qui sait ?) d’arriver à la ...magistrature suprême.
Un routier de l’humanitaire
Nous avons connu le Dr. Guitoukoulou depuis le commencement des guerres civiles au Congo (dans les années 1992) lorsque, guidé par l’abnégation absolue, lui et ses confrères de "RHEA Terre d’échanges" jouaient les acteurs compulsifs de l’humanitaire depuis Marseille vers Pointe-Noire (alors que le Congo était à feu et à sang) pansant les plaies que le couple incestueux Lissouba/Sassou avait provoquées aussi bien sur le plan physique que sur le plan psychologique. C’était en 1997.
Quel actuel candidat aux présidentielles congolaises, quel candide de la politique peut se prévaloir du curriculum de Marcel Guitoukoulou, agent politique usant de son « argent domestique » pour financer ses missions humanitaires ?
La grande Interwiew
Le Dr. Marcel Guitoukoulou est donc passé jeudi 24 juin 2010 à l’émission La grande interview d’Elie Smith sur la chaîne Télésud. L’interview a eu lieu sur une terrasse d’immeuble. Sans doute pour symboliser le niveau élevé des débats ou alors pour marquer la grandeur et la hauteur qu’entend incarner le médecin congolais, en l’occurrence : présider aux futures destinées du Congo.
Bien que l’émission se soit donc déroulée sur une terrasse avec vue imprenable sur la ville de Paris, il faut dire que souvent les questions du journaliste n’ont pas volé haut et ont parfois viré au corps à corps, voire même au pugilat ; notamment à la fin, quand le journaliste fait allusion à l’orientation sexuelle de son invité. L’homophobie déclarée du journaliste est sidérante.
Le vif du sujet
« Pourquoi s’est-il lancé en politique ? » attaque d’entrée Elie Smith. Le médecin congolais, sans passer par quatre chemins, est entré dans le vif du sujet en procédant à une étude clinique du pays moribond et en proposant sa thérapeutique. De toute façon le Dr Marcel Guitoukoulou, 50 ans, « âge de la maturité », l’âge de la République, semble être tombé bébé dans la politique. « Je dois tout à mon peuple grâce à qui je suis devenu médecin ».
Aujourd’hui, à la tête de sa formation politique, LeCongrès du Peuple, le Dr. Guitoukoulou a un projet : « Je voulais assumer mon désir d’apporter le changement au Congo ». Qu’un homme politique veuille le changement, qui le lui reprocherait si, a fortiori, selon lui, il existe pour le Congo une autre voie à explorer. « Le Congo est un Etat sinistré. 3 millions d’habitants, sous-sol riche, pétrole, bois. Les Congolais sont étranglés par la dette. Six milliards de dollars : d’ailleurs personne ne sait le chiffre réel de la dette. Comment faire pour que le Congo et l’Afrique prennent leur part ? » Le Dr. Guitoukoulou souligne l’effroyable rupture entre les potentialités économiques du Congo et le faible niveau de vie de ses compatriotes. Très à l’aise avec les notions d’économie, l’invité de Télésud démontre le gâchis auquel se livrent les actuelles autorités congolaises, auteurs de : « corruption, (de) sociétés écran, ‘de) dissolution de l’autorité de l’Etat. »
Sortie de crise
Existe-t-il des possibilités de sortie de crise ? Oui. Le Président du Congrès du Peuple propose, entre autres voies de sortie, la formation des jeunes, la relance économique. Mais comment financer ce projet qui marque une rupture radicale avec l’ordre actuel des choses ? Le Congo, rappelle le Dr. Marcel Guitoukoulou, vit d’une économie de rente. Il faut inverser les choses, métamorphoser les rentiers en détenteurs de capitaux rompus à l’investissement, des capitalistes, des capitaines d’industrie.
Pour le Dr. Marcel Guitoukoulou qui ne veut pas « cristalliser son opposition sur Sassou » (preuve de modération), la démocratie, le dialogue national constituent d’autres voies de sortie. Sous l’inspiration d’une haute éthique (protestante ?) , le toubib prône une « aspiration du système vers le haut, (de favoriser ) l’émergence d’une classe bourgeoise et d’une classe moyenne. (Il faut) mettre le crédit à la disposition des Congolais pour créer la croissance et relancer la consommation. Une autre politique fiscale, une réforme fiscale s’impose. »
Tout cela, le médecin congolais le dit sur un ton ferme tandis que l’auditoire sur le plateau de Télésud , composé d’un parterre de collègues et sympathisants (parmi lesquels Cicéron Massamba son ambassadeur itinérant), l’auditoire, disions-nous, boit ses paroles dans un silence de cathédrale. La mimique souriante de le leurs visages ne trompe personne sur la sincérité de leur adhésion aux idées du toubib.
Changement de ton
Policé au début, brusquement l’espace de la Grande Interview devient champ de bataille. Elie Smith, jusque-là attentif, sort de sa torpeur et s’empare d’un classique du glossaire de la conjuration : « Pourquoi, dit-il, les leaders politiques africains sont-ils cantonnés dans la diaspora ? » fustige le journaliste.
« - Êtes-vous présents au Congo ? » dégaine Smith. Oui. « Combien de militants (compte votre parti) ? » interroge Elie « Une dizaine de milliers. »
Parfois la presse est soit naïve soit hypocrite. Qui ne sait pas que pratiquer l’opposition sous la dictée de nos dictatures africaines se fait à ses risques et péril comme l’a brutalement montré l’élimination en RDC du militant des Droits de l’Homme Floribert Chébéya. Donc , pour des raisons évidentes de survie, il est préférable de critiquer un tyran depuis les bords de la Seine (fleuve parisien) où, ironie du sort, la démocratie protège victimes et bourreaux. Les Dabira (bourreau) y côtoient les Touanga, parents des morts et des rescapés du Beach (victimes), les Sassou y croisent les Lissouba sans que cela ne dégénère comme en 1997 sur les berges de Cuna Ntamo (fleuve Congo).
Mais, ô surprise, contrairement à ce que pense Elie Smith, le Dr. Marcel Guitoukoulou, tout opposant soit-il, se rend régulièrement au Congo, et même au moins trois fois l’an, et qu’en s’y rendant, il réside chez lui, car il y a une résidence. Et, comble de pied de nez, électoralement il y a failli croiser le fer avec Sassou n’eut été un subterfuge constitutionnel exigeant à tout candidat de justifier d’une résidence ininterrompue de deux ans au Congo.
« Depuis quand n’êtes vous pas rentré au Congo ? - Dix ans. Mais j’y vais régulièrement dans le cadre des voyages socio-sanitaires. (On vous l’a dit, c’est un stakhanoviste de l’humanitaire)
« C’est que vous en avez les moyens » dit lourdement le journaliste. « Et vous logez où ? - Chez moi. » Et vlan !
« Allez-vous gagner ? » demande le journaliste avec une incroyable simplicité frisant le simplisme intellectuel. Il y a parfois des questions qui poussent à se demander si les hommes de presse préparent leurs émissions ! « Il ne faut pas partir perdant dans une bataille » répond tout aussi simplement son invité qui ajoute que « selon la pyramide d’âges, 55% de la population n’a jamais travaillé »
« Le Congo a 50 ans d’indépendance. Avons-nous épuisé toutes nos libertés. On n’a jamais eu d’élections libres. En 1992, le processus a été interrompu » assène le Dr. Marcel Guitoukoulou.
« Avez-vous des alliés ? » - Nous sommes dans la philosophie d’exister. Le moment viendra où on tissera des alliances. « Je suis pour le dialogue. La misère n’a pas de couleur politique. Personne n’a le monopole de bien faire. Or certains ont le monopole du gaspillage. Il faut dépassionner le débat politique. Il faudra s’asseoir autour d’une table. »
Puis, réendossant sa veste du procureur provocateur, Elie Smith se fait l’avocat du diable : « Le monopole du gaspillage, c’est Sassou depuis 25 ans ? » - Réponse du berger à la bergère : « Je prends ma part de responsabilité. J’ai décidé d’assumer ma citoyenneté. » Avec ses gros sabots Elie Smith revient à la charge : « Tous les péchés du Congo c’est Sassou ? » .
Mais le Dr. Guitoukoulou n’en démord pas sur son diagnostic « Sassou a conduit le pays dans le gouffre, mais je ne cristallise pas mon opposition sur Sassou. J’ai parlé à Sassou dans son palais ». (C’était après le coup d’Etat du 5 juin 1997 quand un ballet de pacificateurs faisaient la navette entre Libreville, Bamako, Brazzaville et Vindza pour ramener tout le monde à la raison. Marcel Guitoukoulou croyait en cette chirurgie politique visant à extirper du corps social congolais le virus de la division ethnique et de la haine. NDLR)
Les aspects positifs de la colonisation
« Les Congolais ont fait pire que sous la colonisation française. » constate Dr. Guitoukoulou. Ca ne rate pas. Elie Smith tire à boulet rouge : « Pensez-vous qu’il y a eu des aspects positifs de la colonisation ? » dit, l’air moqueur, le journaliste à l’accent anglo-saxon .
« Posez la question à nos grands-parents, ils regrettent la colonisation. Il n’y a pas de routes. Sous la colonisation, disent-ils, il y avait de la nivaquine dans les hôpitaux, l’eau dans les robinets et l’électricité. » rappelle le médecin.
« Quand les Français étaient au Congo y avait-il des routes ? » rétorque le journaliste, l’air d’insinuer que le médecin défend la thèse des aspects positifs de la colonisation.
« Non, je ne soutiens pas la colonisation. » dit (mais a-t-il besoin de le dire ?) M. Guitoukoulou.
« Les Français n’ont jamais construit de route entre Pointe-Noire et Brazzaville. Or Sassou le fait. » soutient Elie Smith. (Ca reste à démontrer, d’ailleurs le reste nous le démontre – NDLR) « Ca fait 50 ans qu’on attend cette route. » ironise Guitoukoulou.
« Avez-vous croisé Ntoumi ? » demande Elie sans qu’on ne sache où il veut en venir. « Oui. Dans le Pool, prison à ciel ouvert. Pas d’école, les gens ne sont pas libres de leurs mouvements. » croit utile de rappeler le médecin qui a beaucoup sillonné la campagne congolaise.
« Etiez-vous à Vindza ? » veut savoir E. Smith. « Non à Kampa. Ntoumi ne vivait pas qu’à Vindza. Mais avant de voir Ntoumi, j’ai vu Kolélas. J’ai fait ça avec un budget domestique. C’est-à-dire par amour ».
Décoration
Elie sort son bazooka. L’intretien devient combat de rue : « Vous êtes traités d’escroc politique. Etudiant vous avez emporté la caisse qu’on vous avait confiée pour organiser une fête. » dit-il sans dire ses sources. On voit enfin où il voulait en venir.
M. Guitoukoulou croit savoir d’où viennent ces coups-bas : « J’ai été décoré par Sarkozy. » Forcément ça suscite des jalousies. (D’autres, pour leur part, collectionnent des doctorats honoris causa , c’est-à-dire des doctorats à titre honorifique. Ce sont des titres sans mérite généralement décernés à ceux qui n’ont jamais de titres universitaires et n’en auront jamais).
Or pour ses mérites, le Dr en médecine, Marcel Guitoukoulou, présidentiable, a été décoré par un Président démocratiquement élu, Nicolas Sarkozy. Qui dit mieux chez les présidentiables congolais ? Il a été décoré pour une cause honorable : l’humanitaire.
« Ma candidature n’a pas été validée par le Congo selon un article (58) de la Constitution. Or nombre de candidats ne remplissent pas tous les conditions de l’article 58, telles les conditions de moralité. Je suis dans une logique d’apaisement. J’aurai pu créer des incidents. Je suis un homme de paix. J’aurai pu attiser le feu. »
« Avec dix milles militants ? » ironise Elie Smith. « Vous oubliez les sympathisants. Ca peut compter 300.000 individus. » rétorque l’ancien élève des Cadets de la Révolution.
Voyage au Gabon
« Vous dites avoir été invalidé. Ne seriez-vous pas disqualifié à cause du Gabon ?
« Je vous vois venir » ironise le Dr. Guitoukoulou Le passage de l’émission qui a rendu Bienvenu Mabilémono fou de rage est enfin abordé.
« Pourquoi êtes vous allé au Gabon ? Vous y auriez empoché 400.000 euros et 100 millions de fcfa. » accuse Elie Smith avec le sourire d’un chasseur qui pense son piège refermé sur sa proie. Il se met à empêcher sa victime de se dégager du filet qu’il vient de lancer. C’est ahurissant !
« Vous affirmez. Avez-vous des preuves ? Ne m’assenez pas d’assertions, laissez-moi le temps de vous expliquer. Je n’ai pas fait mystère de mon voyage au Gabon. On ne tire pas sur une ambulance. (parlez sans métaphore, interrompt Elie Smith) Vous ne me laissez pas le temps de vous répondre. . Plus vous ajoutez les assertions, plus les auditeurs sont floués. Je n’y suis pas allé à ma demande mais à celle d’un homme d’Etat, Bongo, acteur de la paix sur le continent. J’ai répondu à une période où moi-même je menais le même combat. Je n’ai jamais demandé financement politique à Bongo. Les Congolais ne doivent pas avoir la mémoire courte. »
« André Mbia Obam : ça vous dit quelque chose ? » charge Elie avec un rictus sur la commissure des lèvres.
« Je ne réponds pas de la vie d’hommes politiques étrangers » répond le Dr. Guitoukoulou que l’inquisition journalistique n’effraie pas.
« Vous êtes allé dans un Falcon. André Mbia Obam a eu 5 millions, vous n’avez eu que 300.000 euros » se déchaîne le journaliste de Télésud, une télévision qui fit la part belle à Sassou Nguesso durant sa campagne électorale. (Entendez qu’elle fut copieusement arrosée par le régime de Brazzaville).
« Vous niez ? Voudrez-vous une confrontation avec André Obiang ? » demande le journaliste devenu substitut du procureur.
« Il y a un 3ème auteur : Benjamin Ntougamani. Il dit que vous y êtes allé pour l’affaire des "Biens mal acquis". » postillonne notre journaliste.
« Je ne connais pas Ntoungamani, homme politique, mais militant de la société civile » nuance le médecin congolais.
« Vous êtes un escroc politique. On dit que vous aviez jadis emporté la caisse d’étudiants » balance Elie Smith. (On dit aussi que « ON » est un pronom du mensonge) - Décidément ça volait au ras des pâquerettes.
« Il n’y a pas un milieu où la rumeur circule à la vitesse de la lumière que le milieu politique » rappelle avec pertinence son invité.
« De quelle confession religieuse êtes-vous ? » demande l’inquisiteur. « Je suis chrétien. Protestant » précise le médecin. « On vous dit homosexuel. C’est contraire au christianisme (Mais d’où tient-il ce gay savoir ?-NDLR)
« Permettez-moi un fou rire »reprend Marcel Guitoukoulou interloqué par le surréalisme de la question. « On dirait un rêve. Et même si je l’étais… je ne cracherai pas sur les homosexuels. Je suis marié. J’ai des enfants » précise avec tolérance l’homme politique.
« Connaissez-vous Mesrine ? Je dois mal prononcer ce nom » demande Elie Smith avec son accent british.
« Si je connais Mesrine ? Je ne connais pas. C’était l’Ennemi Public n°1. » rappelle son invité qui ajoute : « J’ai ma conscience tranquille. J’ai commencé la politique au Congo. Je n’ai jamais rencontré Bongo si ce n’est pour trouver des solutions de paix pour mon pays. »
Enseignements
Le Dr. Marcel Guitoukoulou a bien fait de participer à cette émission. On y a vu un brillant orateur qui sait ce qu’il veut pour son pays. Il n’a pas à rougir de ses actes politiques qui, jusqu’à preuve du contraire, ne sont pas entachés de sang. Peu de ses adversaires qui ont fait la route de Libreville peuvent en dire autant. L’argent est le nerf de la guerre. Il rend nerveux. D’où cette volée de bois vert, d’où cette franc-maçonnerie dont il fait l’objet. Dans un monde où l’Opposition n’est pas subventionnée, il y aura forcément des rumeurs qui circuleront quand un candidat fera des actions spectaculaires sur le terrain. C’est le cas du bon médecin de Pertuis. Des rumeurs difficiles à éteindre. Tout ce qui reste à notre cher toubib, c’est de continuer d’œuvrer pour l’humanitaire.
Le Bon Dieu (c’est-à-dire le Peuple) saura reconnaître les siens. Le Diable aussi.
Source :http://www.congopage.com/Marcel-Guitoukoulou-President-du
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