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Cinq questions à Ghislaine Sathoud Suggérer par mail
12-07-2008

Ghislaine Sathoud• Il y a dix ans, vous avez fait un choix courageux et radical : quitter l’Afrique pour vous installer en Amérique du Nord. Quelle fut votre motivation pour quitter votre terre et choisir précisément ce pays ?

J’ai quitté mon pays deux fois pour une longue durée. J’ai quitté la première fois mon pays après baccalauréat pour la France. Mes parents voulaient, comme c’est le cas de beaucoup de Congolais et d’Africains, que je m’y rende pour la poursuite de mes études. En fait, j’étais avec mes deux sœurs aînées qui y vivaient déjà depuis plusieurs années avant moi. Elles y étaient aussi pour des raisons d’études.

Cette immigration « scolaire » je peux vous dire est très différente. Je savais que j’étais là pour étudier et que je devrais rejoindre mon pays par la suite. Je savais aussi qu’il me fallait à tout prix réussir mes études puisque mes parents croyaient comme ils le disaient si bien « qu’un diplôme était le premier mari à ramener à la maison ». Et puis, pendant les vacances, je me rendais souvent au Congo auprès de ma famille. Quoiqu’en France, je n’étais pas non plus isolée.

Avec mes deux sœurs aînées, c’était un peu comme à la maison, mais sans nos parents. Nous étions toutes là pour les études. Le quotidien était géré par mes parents à distance. Ils attendaient de nous de bons résultats scolaires à la fin de l’année. Ils s’occupaient d’assumer les responsabilités et les charges financières pour nous faciliter la tâche et nous aider à atteindre nos objectifs. C’est en cela que je suis reconnaissante envers mes parents qui ont assumé le rôle de parents pour faire de moi ce que je suis aujourd’hui…

Je suis ensuite rentrée dans mon pays pour retrouver avec joie mes parents chez qui je vivais, comme avant de partir en France. Mon père était intransigeant, il disait que pour quitter le domicile familial, il fallait absolument se marier civilement. Alors, même après mon mariage coutumier, je suis restée chez mes parents parce que mon père voulait que ça se passe ainsi et il ne voulait pas bouger d’un iota, même si sa ‘’rigidité’’ de ne pas laisser une femme mariée coutumièrement rejoindre son mari a été l’objet de plusieurs commentaires.

Ainsi, après mon mariage, j’ai quitté le domicile de mes parents et j’ai eu un premier enfant et presque en même temps la nécessité de partir pour le Canada s’est présentée. Ce n’était pas mon choix et tout cela s’est passé en trois ans. Donc, trois ans après le retour de mon séjour en France pour mes études, je devais faire face à une autre immigration. Une immigration « d’accompagnement » cette fois-ci. Un regroupement familial, même si tout le monde partait ensemble. C’était très différent de la première fois. Partir par choix pour ses études et partir en ‘’accompagnatrice’’, c’est très différent. Je ne voulais pas partir et me contenter d’un rôle d’accompagnatrice. Il me fallait aussi trouver quelque chose à faire pour ne pas me tourner les pouces, une fois là-bas.

Certes, je ne connaissais pas la vie au Canada en dehors des lectures dans les journaux, mais j’avais déjà une ‘’expérience’’ de la vie à l’étranger. Et c’est aussi un élément important pour faire face aux affres de l’immigration. Lors d’une première expérience, on a toujours un stress plus fort, la peur de l’inconnu, la crainte de ne pas réussir ce pour quoi on a quitté son pays. Ça aussi c’est très important. Lors de cette recherche, j’ai constaté que beaucoup de femmes deviennent les responsables des problèmes des maris, responsables des difficultés liées à l’immigration. Quand ça ne marche pas, ils se retournent contre elles pour les accuser, même quand le choix de partir venait d’eux. En réalité, c’est le refus d’admettre l’échec. J’admets que c’est un malaise, mais il faut prendre les choses telles qu’elles sont. Généralement avant de partir, on ne connaît pas la réalité, on a de faux espoirs…

Mais, il faut admettre son échec. Il faut admettre que c’est différent de ce que l’on pensait avant de partir. Pour le Canada, par exemple, dans plusieurs journaux il y a des annonces sur des possibilités d’emplois, des bourses, il y a tout pour faire rêver et faire penser que la vie est très facile pour les immigrants. La réalité est très différente. Ici, il y a des ordres professionnels et pour intégrer certaines professions, il faut passer des examens. Par exemple, en quoi une Africaine peut-elle être responsable du chômage de son mari ou de l’échec de son intégration professionnelle ? Bien entendu, dans les pays d’origine, on dit ce qu’on peut, sauf la vérité. On répète ce que certains maris rapportent… On dit que les Africaines rendent la vie difficile à leurs maris en Occident. Il faut trouver une raison pour justifier les déboires, n’est-ce pas ?

Vous comprenez pourquoi j’ai tenu à parler de ma première immigration. J’ai vécu en Occident, en l’occurrence en France, mais en tant qu’étudiante. Je suis venue au Canada en tant qu’épouse et mère d’un enfant. C’est très différent. Un nouveau pays, une vie autre que lors de la première immigration. C’est tout autre chose. J’ai constaté tout de suite la différence. J’ai constaté que les ‘’accompagnatrices’’ ont des problèmes. J’ai entendu dire beaucoup de choses. Alors, je voulais parler de ce sujet. J’étais moi-même accompagnatrice mais légalement, j’avais mon ‘’indépendance’’ puisque j’avais une inscription et j’avais donc un visa d’études. Mais pour celles qui viennent par parrainage, donc celles qui n’ont pas cette indépendance, c’est très difficile. J’ai longuement parlé des conséquences du parrainage dans mon livre…

Lors de ma recherche que j’ai menée dans le cadre de mon mémoire de maîtrise, j’ai réalisé encore plus la difficulté des femmes de réussir la conciliation de la vie de mère, d’épouse et d’étudiante ou de professionnelle. Non seulement, j’étais en famille, mais je bénéficiais en plus de l’aide de mon frère et de ma sœur qui s’occupaient de mon plus jeune enfant qui avait moins d’un an lorsque j’ai commencé cette recherche. J’ai réalisé combien cela pouvait être difficile pour celles qui étaient juste en couple et qui n’avaient personne d’autre pour bénéficier d’une aide supplémentaire. J’ai voulu en savoir davantage. J’ai voulu en parler. J’ai voulu rendre hommage au courage de ces femmes. Il y a hélas des femmes qui vivent ces drames. Pour supporter l’immigration, il faut avoir des nerfs d’acier. Il faut être capable de prendre les coups et en tirer les conséquences…

Donc, je voulais parler de ces femmes-là. C’est un sujet qui me préoccupe, comme bien d’autres sujets d’ailleurs concernant la condition de la femme. Alors vous comprenez pourquoi j’ai quitté mon pays. Avec mon inscription, j’ai obtenu mon visa d’étude en France pour venir au Canada.

• Il semblerait que les femmes immigrantes rencontrent plus de problèmes dans leurs recherches d’un travail que les hommes. Comment expliquez-vous cette différence ?

Tout le monde rencontre des problèmes. Les hommes en rencontrent, les femmes aussi. Mais il faut dire que comme partout dans le monde, les femmes ont plus de problèmes. Alors, les immigrantes et surtout les ‘’minorités visibles’’ ont encore plus de problèmes pour se trouver un emploi. La recherche d’un emploi fait partie du stress extérieur, si on peut l’appeler ainsi. Mais à l’intérieur, il y a d’autres réalités à affronter à la maison. Il y a l’influence du changement d’environnement dans le couple, dans la relation familiale et finalement dans la perception de la vie et de ce qui nous arrive.

• L’intégration est le problème majeur qui se pose d’emblée aux immigrants. En quoi la femme immigrante est-elle plus exposée à ces contraintes que son conjoint ?

J’ai déjà répondu en partie à cette question. La femme immigrante hérite déjà de la discrimination envers toutes les femmes. De plus, en tant que femme immigrante, elle subit encore plus de discrimination.

Il faut dire que les immigrants sont en général, et à maints égards, déboussolés face à la société d’accueil. Ils arrivent souvent avec beaucoup d’espoir et sont loin d’imaginer ce qui les attend réellement. On le sait, le fossé est grand, et dans certains cas, beaucoup trop grand entre les attentes et la réalité à laquelle doit faire face l’immigrant. Et ce sont ces différences qui bien souvent vont trancher entre une vie nouvelle parfaitement intégrée et épanouissante et la mélancolie qui finit par anéantir tous les rêves.

Les difficultés liées à la nouvelle vie d’immigrant ont des conséquences aussi bien sur les individus eux-mêmes que sur l’ensemble de la famille. En effet, la famille ne peut pas rester en dehors des transformations qui s’effectuent dans la vie des immigrants. Par conséquent, elle en est inévitablement affectée. Les repères et le mode de vie sont souvent si différents de la société d’origine que, dès lors, la famille se voit ébranler dans sa base même.

Bien évidemment, l’adaptation à une nouvelle société, à un nouveau mode de vie avec tout ce que cela apporte comme bouleversements ne se pas fait pas sans heurt. Cependant, parmi les immigrants, certains sont plus à risque que d’autres. D’ailleurs, plusieurs études parlent de la position particulièrement vulnérable des femmes. Je pense que c’est encore plus difficile pour les femmes qui ne partent pas volontairement….

En effet, la perte du réseau social tissé dans le pays d’origine, la solitude et l’isolement influencent énormément la vie de ces dernières. Les femmes qui font partie des groupes les plus vulnérables subissent ces transformations de façon particulièrement prononcée. Des études illustrent bien la perte d’autonomie et l’isolement auxquels font face les femmes immigrantes en terre d’accueil. Dans certains cas, c’est le mari qui renforce cet isolement en tenant à garder la femme dans cette situation insupportable pour elle, et rassurante pour lui, pour garder ainsi le contrôle. Les mères immigrantes vivent un double stress, on ne le dira jamais assez. Gardiennes des traditions, elles doivent donner une éducation aux enfants en tenant compte des valeurs du pays d’origine. Il faut dire que cette tâche n’est pas aisée, d’autant plus que les enfants sont attirés par les nouvelles valeurs occidentales. Ils cherchent à s’identifier à celles-ci au prix de renoncer à la culture d’origine qu’ils voient souvent comme obsolète.

Alors, pour la femme c’est plus difficile parce que c’est déjà pénible pour toutes les femmes. Elle est donc dans le groupe le plus vulnérable.

• Vous évoquez essentiellement la position de la femme africaine en tant qu’élément d’un couple. Célibataire, la femme africaine n’émigre t’elle pas ?

Les immigrants ne quittent pas toujours le pays d’origine pour les mêmes raisons. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces départs. C’est exactement la même chose pour les femmes africaines. Oui, la femme africaine célibataire émigre aussi. Moi-même, j’ai vécu en France en tant que célibataire. Je connais aussi plusieurs femmes célibataires qui sont confrontées à tous les problèmes des femmes immigrantes.

Mais, les femmes mariées avec des enfants, et surtout les femmes qui viennent par le biais du parrainage ont d’autres problèmes, des problèmes que les célibataires et les femmes qui ne font pas partie du lot des femmes parrainées n’ont pas. J’ai mené cette recherche dans le cadre de l’obtention de mon diplôme. Au Canada, il s’agit d’une maîtrise, ce qui est l’équivalent d’un doctorat de troisième cycle en Europe. D’ailleurs, après la maîtrise ici, c’est le PHD (doctorat). Les diplômes constituent un autre problème qui s’ajoute aux immigrants. Pour se donner plus de chance de trouver un emploi, il faut des diplômes canadiens. Il en est de même pour l’expérience de travail. On parle d’expérience canadienne…

Dans le cadre de cette recherche, il y avait des exigences à respecter. La confidentialité, mais aussi il fallait choisir une région donnée. Alors, j’ai choisi l’Afrique centrale. Mais les problèmes rencontrés sont ou peuvent être identiques pour les autres femmes africaines, et même les femmes qui viennent d’autres lieux que l’Afrique. Et puis, les femmes africaines qui vivent ailleurs peuvent avoir des problèmes semblables. Dans ma recherche, il s’agissait entre autres de parler de ces femmes que j’appelle « femmes de nulle part ». Elles se retrouvent souvent dans une situation complexe.

L’immigration transforme les individus, vous savez. Elles vivent donc ces transformations. Elles ont connu leur conjoint dans le pays d’origine. Ceux qui sont au pays d’origine les connaissent comme ils étaient là-bas. Ceux qui sont dans le pays d’accueil ont également une connaissance parcellaire de ces hommes. Ils les connaissent comme ils sont dans le présent ou comme ces hommes veulent se présenter à eux. Alors, les femmes sont les seules personnes à connaître tous les détails, la vérité, la vérité vraie. Elles les connaissent comme ils étaient et comme ils sont devenus. Et c’est malheureusement sur les femmes que parfois les maris viennent déverser toutes les frustrations. Elles deviennent responsables de tous les malheurs. Les représailles ? Raconter des mensonges dans le pays d’origine et dans le pays d’accueil. Savez-vous ce qui se dit souvent, entre autres, des femmes qui rejoignent les maris en Occident ? On dit qu’elles sont ingrates, qu’elles quittent leur mari par mimétisme, qu’elles suivent les lois occidentales aveuglement. On dit tout ce qui peut être bon pour salir la réputation de ces dernières.

Alors que ces femmes vivent parfois des drames que même la société africaine n’accepterait pas. Alors que les apparences qui placent ces femmes dans une catégorie d’accompagnatrice, des femmes qui découvrent l’Occident par le mariage, des femmes dépendantes et incapables de s’assumer ne sont pas toujours réelles. Et combien même ce serait vrai, rien ne donne à un époux le droit de malmener sa femme sous prétexte qu’elle est là grâce à lui et pour l’accompagner. Ce raisonnement a une influence négative sur la relation. Même en Afrique, je suis certaine que les gens se révolteraient face à certaines ‘’tortures psychologiques’’ vécues par les femmes immigrantes. Elles ont déjà trop à faire pour s’ajouter encore d’autres sévices.

C’est dans la vie familiale que l’on est censé puiser la force pour affronter l’immigration qui est déjà difficile. Malgré tout, ces femmes arrivent à mener de front l’éducation des enfants. Elles sont mères et épouses, quoique ce n’est pas toujours reconnu. Elles sont, aux yeux de certains, des mauvaises mères d’office et des épouses indignes. Mais au moins, elles font des sacrifices en dehors du cadre familial qui donnent satisfaction. Des discussions que j’ai eues avec ces femmes, j’ai retenu qu’elles sont heureuses d’avoir réussi au moins le retour aux études et l’intégration professionnelle pour certaines. Ce n’est pas évident non plus à ce niveau. Faire un retour aux études et obtenir un diplôme ne donne pas toujours un emploi en bout de ligne. Au niveau de la satisfaction, j’abonde dans le même sens. En effet, même si j’ai étudié en France, le fait pour moi d’obtenir un diplôme ici, réussir cette conciliation entre la vie familiale et les études est un grand réconfort. Le fait de trouver un travail est encore une autre satisfaction. Dans la condition d’accompagnatrice, il faut se battre pour prendre sa place, pour refuser de rester une ‘’simple’’ accompagnatrice. Il faut aussi avoir des nerfs d’acier pour affronter les choses et s’en sortir… J’ai ‘’échappé’’ au parrainage parce que j’avais pensé à avoir une inscription avant de partir. Mais, je sais que celles qui vivent dans cette situation et qui en sortent n’ont pas toujours de bons souvenirs…

Je tiens à préciser que toutes les femmes ne vivent pas des drames. Heureusement. Heureusement qu’il y a des hommes qui comprennent que loin de la terre natale, il faut se serrer les coudes pour s’en sortir. Heureusement qu’il y a des hommes qui peuvent comprendre que la femme peut trouver un emploi même quand le mari n’en a pas. Heureusement qu’il y a des hommes qui comprennent qu’une femme qui veut se donner les moyens de s’assumer et qui travaille n’est pas nécessairement une mauvaise mère et une mauvaise épouse. Heureusement qu’il y a des hommes qui comprennent que même si la femme est venue en accompagnatrice, elle a le droit de vouloir s’occuper, d’avoir une activité. C’est pas un crime qu’un être humain veuille se sentir utile. Même les femmes mariées ont le droit d’avoir des activités… Ça redonne l’estime de soi qui prend déjà un coup avec l’immigration… Heureusement qu’il y a ceux-là. Et ça, c’est bon à savoir.

• Les différences socioculturelles entre le Québec et l’Afrique Centrale sont nombreuses. Pensez-vous que ce fossé ira en s’accentuant ou qu’un renversement de situation progressif permettra une à l’avenir une meilleure intégration ?

En effet, des différences notables sont perçues. On peut en énumérer quelques-unes : les rapports homme/femme au sein du couple, l'éducation des enfants, les rôles et fonctions au sein de la famille, etc. Toutefois, en arrivant dans la société d’accueil, tous les immigrants sont confrontés au fossé, souvent important, des valeurs et du mode de vie. Le problème de l’intégration professionnelle est réel. J’espère que cela changera un jour. Au niveau de la condition des femmes, c’est tout autre chose. Les femmes, comme partout dans le monde, ont lutté et luttent encore pour des acquis. Les femmes ont beaucoup d’acquis également en comparaison à la société africaine.

Ceci dit, les femmes en Afrique également continuent de réclamer des droits. Je disais déjà que les épouses sont quelque part des femmes de nulle part. Ni tout à fait comme dans le pays d’origine, ni tout à fait comme dans le pays d’accueil. Pendant mon séjour en Afrique, je n’ai pas connu un homme qui monte un complot pour inventer une histoire de bris de confidentialité contre sa femme pour lui faire perdre son emploi. Il en existe peut-être, mais je n’en connais pas. J’ai vu ça par contre ici et je pense que c’est plus que de la méchanceté. Je crois qu’il n’existe pas de mots pour qualifier un tel geste.

Une femme qui perd son emploi dans une société où c’est déjà difficile d’en trouver, une mère qui doit nourrir ses enfants, perdre un emploi par le complot de quelqu’un qui est censé être un époux. Je pense qu’un tel geste ne saurait être toléré même en Afrique. Et quand par-dessus tout le responsable de cette situation nie les faits et continue d’incriminer sa femme à tort, on est en droit de se poser plusieurs questions… Chaque société a ses valeurs. Il n’est pas question de prendre ‘’tout’’ dans la société d’accueil. Personnellement, je m’insurge contre ces coutumes inventées et inexistantes. Je m’explique. Généralement les gens disent, « chez nous en Afrique ça ne se passe pas comme ça… ». Il y a une Afrique, mais il y a aussi plusieurs coutumes quelque part. Les coutumes ne sont pas semblables. Et puis, quoi qu’il en soit, certains faits que la société condamne ici, le sont aussi en Afrique.

Mais pour garder le monde dans le silence et la domination, on dit que c’est différent en Afrique. En Afrique aussi les femmes participent aux grandes revendications mondiales au sujet des droits des femmes. Une preuve qu’elles ne se croisent pas les bras. Je dirais plutôt que c’est dans la tête de certains hommes que les changements doivent se faire. Il faut comprendre que l’on vit dans un contexte différent dans lequel la femme vit déjà isolée et qu’elle ne bénéficie plus du soutien de ses proches. Il faut que tout le monde comprenne que le contexte est différent. En comprenant que c’est différent, l’intégration de la famille est réussie, au moins pour ce qui est du mode de vie différent… Ce n’est vraiment pas pareil…

Il importe de retenir que l’immigration entraîne plusieurs transformations importantes. Ainsi, tout en ayant le mérite de permettre des découvertes, l’immigration ne fait pas que du bien. Et là aussi tout dépend des individus, de la vie menée dans le pays d’origine et des projets d’avenir. Pour certains, la réalité même déplorable est satisfaisante, et c’est tant mieux. Mais pour d’autres, l’immigration est une perte de repères ayant des conséquences importantes.

Plusieurs éléments entrent en ligne de compte pour préserver dans l’acte d’immigrer ce qui peut être souvent perçu comme une aventure idyllique et enrichissante. Mais, vivre dans un nouveau pays, dans une nouvelle société où les coutumes et les valeurs sont tout à fait différentes du milieu d’où l’on vient, nécessite une période d’apprentissage et d’adaptation qui peut s’avérer douloureuse, impossible, irréalisable, voire même destructrice. Il faut dire que les raisons du départ jouent également…

L’immigration c’est aussi vivre entre le deuil d’un passé et la découverte d’un présent inconnu et incertain…

Merci.

Réalisée par Planète Afrique.com

Site officiel Ghislaine Sathoud

 

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